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Uriage, ville thermale

Vue d'Uriage

Un site et un urbanisme remarquables

Naissance de la renommée d'une source

L'eau thermale d'Uriage, « sulfurée, chlorurée sodique, sulfatée, est riche d'oligo-éléments ; de plus elle est isotonique au plasma sanguin et bactériologiquement pure ». Les qualités des eaux d'Uriage ont été reconnues dès l'antiquité. De nombreux indices ont en effet révélé la présence d'anciens thermes datant de l'époque romaine et il semble qu'ait persisté longtemps à Uriage un petit établissement. C'est peu après la révolution française que Joseph Brun, fermier aux Alberges, (re)commence à accueillir de manière artisanale des curistes à la source d'Uriage. Son fils Bernard, qui lui succède en 1810, développe les bains. En 1817 le docteur Billerey vient tester les propriétés purgatives de l'eau et contribue à la renommée de la source d'Uriage qui s'étend dans tout le Dauphiné. Plus de 1 000 bains sont donnés en 1820 sans compter ceux fournis gratuitement aux indigents. Mais les installations ne suffisent plus. La construction d'un établissement thermal s'impose.

Vue des Alberges

Développement d'une station thermale moderne

C'est à partir de 1823 que Madame de Gautheron, propriétaire du château d'Uriage, après avoir évincé Monsieur Brun et le docteur Billerey, fait édifier sur son domaine un établissement thermal. A sa mort, son filleul, le comte de Saint Ferreol continue sur des bases plus larges ce qui avait été entrepris : drainage et assèchement définitif des marais, captage de la source, création des chaussées, esquisse du dessin du parc, agrandissement de l'établissement, hôtels et maisons de commerce. Ces transformations sont en rapport avec la progression constante et soutenue de la station tout au long du XIXe siècle : elle doubla tous les dix ans pendant quarante ans à partir de sa fondation : 61 000 bains sont délivrés en 1863. Entre 1863 et 1920 la station continue de se développer. En 1892, on commande à Ferdinand Bugey, architecte grenoblois, l'établissement thermal. De 1892 à 1894 seront construits également le Casino et la salle de théâtre, la gare de tramway. En 1914, Uriage est une véritable ville thermale recensée comme la première station du Dauphiné.

Hôtel du Globe à Uriage

Un site et l'urbanisme d'une ville thermale

Outre sa source d'eau saline et sulfureuse, le site naturel d'Uriage est remarquable par le grand amphithéâtre naturel, creusé par le glacier, coeur et poumon de la station. Cet espace central est occupé par le parc. Il est bordé au nord, par le centre de cure, au sud, par la route qui mène à Saint Martin d'Uriage, à l'est, par des villas, à l'Ouest, par des hôtels et des villas, le long de l'allée qui se prolonge jusqu'aux Alberges. Ce plan et ses aménagements ne doivent rien au hasard. Ils correspondent aux trois fonctions principales d'une ville thermale : soigner par l'eau, héberger le curiste, organiser le parcours champêtre de la villégiature. Le parc thermal est donc au centre des parcours que doit accomplir le curiste pour se soigner, aller se reposer et prendre de l'exercice. La station thermale est un petit morceau de ville implantée à la campagne. A Uriage, grâce à son architecture, son parc, ses arbres d'essences remarquables, ses allées de promenade, le curiste des années 1920 peut aussi bien se croire au parc Monceau ou au parc Montsouris!

Une architecture éclectique

Regardez les hôtels et villas qui composent l'architecture d'Uriage à compter des années 1880 : pas un qui se ressemble et pourtant une même unité dans la diversité... C'est l'éclectisme qui domine. Celui-ci n'est pas le fruit du hasard non plus. C'est même une philosophie et un style architectural revendiqué ! Au style néo-classique qui insiste sur la proportion et l'harmonie, les « éclectiques » veulent privilégier « l'identité de chacun par la différence ». Chacun emprunte au passé ou à la diversité des cultures, des éléments architecturaux divers qui vont donner à chaque villa, à chaque hôtel, sa propre personnalité. Cette liberté de style va donc marier des éléments architecturaux originaux avec des matériaux composites : pierre, béton moulé, bois, plâtre, fer, acier, mosaïque etc. Le principe de composition de cette architecture, c'est le détail, et le visiteur attentif de ces hôtels et villas n'en finit jamais de découvrir des détails inaperçus de bâtiments si souvent admirés !

Hôtel des Alpes à Uriage
Villa aux Alberges

Apogée, déclin du thermalisme

Des hôtels sont implantés dans la partie d'Uriage située dans Vaulnaveys-le-Haut : l'hôtel Basset (le Victoria aujourd'hui), l'hôtel de l'Europe (le plus grand et le plus cossu, appartenant aux Thibaud), le Globe (le plus ancien, fondé par la famille Brun), les Alpes, le Louvre, la Villa de l'Univers, l'hôtel des Alberges. Depuis 1893, le tramway à vapeur a remplacé la diligence. L'électrification de la station est réalisée en 1896 mais dés 1894 une usine construite par les familles Thibaud et Brun alimente en électricité les hôtels situés à Vaulnaveys-le-Haut. Hippodrome, casino, terrain de golf, courts de tennis offrent ainsi de nombreuses distraction aux curistes. L'apogée de la station se situe dans les années 1920. Uriage est à la mode et on peut alors croiser dans le parc toutes les personnalités en vue ; citons ainsi : Lucien Guitry, Edmond Rostand, Tristan Bernard, Mistral, Colette, Maurice Chevalier et nombre de princesses et financiers célèbres. Les eaux d'Uriage soignent en effet de nombreuses affections dont la dermatose. Son efficacité concernant le traitement de la syphilis est reconnue...Mais le déclin va s'amorcer. Crise des années 30, fin de la mode du thermalisme, nouveaux traitements, coûts importants d'entretien de la station, vieillissement des installations, Uriage est peu à peu boudée par les curistes. La crise est encore aggravée par la seconde guerre mondiale. Tous les hôtels « de luxe » ferment leurs portes les uns après les autres. Ils sont reconvertis en appartements. En 1955, c'est, à Vaulnaveys-le-Haut, la vente de l'hôtel Basset, en 1957, le Globe, en 1962 le Louvre, en 1973 l'Europe.

Hôtel des Alberges

Le renouveau d'Uriage

En mars 1957, un groupe financier va racheter la station et va procéder à des travaux de modernisation du centre de cure. Cependant, c'est la création de l'hôpital thermal inauguré en 1977 qui va contribuer au nouvel essor de la station. Avec l'établissement thermal, le renouveau du casino, du golf et de l'ensemble des activités proposées aux curistes, aux touristes et aux habitants, Uriage connaît à partir des années 1980, un second souffle. Les investissements consentis par les deux communes qui gèrent ensemble le Syndicat Intercommunal de Gestion d'Uriage y contribuent. La préservation du parc et des promenades, l'embellissement de l'entrée Nord, la réhabilitation des hôtels et villas, les nombreuses animations, redonnent son cachet à une cité thermale décidément pleine de couleurs et en bonne santé grâce à une véritable cure... de jouvence !

Sources : « Histoire des thermes d'Uriage » Mlle Dussert-Girard Thèse UER de Pharmacie 1982 ; « Uriage les bains : histoire d'un lieu et d'un projet » Enri Chabal Mémoire de 3e cycle Ecole d'architecture de Grenoble ; « Grand hôtel de l'Europe-Uriage les bains » Mme Pfister.

Mairie de Vaulnaveys le Haut 584, avenue Uriage - 38410 Vaulnaveys le Haut - Téléphone : 04 76 89 18 05 - courriel

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