|
Si on en croit J.J. ROUSSEAU (Dictionnaire de Musique) cela viendrait du nom de son inventeur qui s'appelait RIGAUD;
Mais cette étymologie semble concurrencée par celle qui ferait référence au latin : gaudere : se réjouir, s'amuser, être heureux, qui correspond au caractère joyeux et festif de cette danse.
Pour en savoir plus
A l'origine, le RIGAUDON est une danse provençale. On en trouve trace au XVIIème et XVIIIème siècles où elle est en vogue auprès de toutes les couches sociales. Madame DE SEVIGNE l'appécie (1672) et elle est enseignée aux jeunes gens de la noblesse. Mais elle est également très au goût des paysans et paysannes.
Le RIGODON et le DAUPHINE
A la fin du XVIIIème, cette danse provençale commence à se diffuser dans les provinces voisines. Le niveau de vie s'élève en provence qui devient un lieu d'attraction pour les provinces voisines plus pauvres. En 1786, "Marseille est pour tout le sud-est, ce que Paris est pour le reste du royaume" nous dit un témoignage.
A la saison des moissons, les provençaux font annoncer dans les paroisses du Gapençais, du Dauphiné et des Cévennes la demande de main-d'oeuvre. Les populations montagnardes migrent temporairement vers le sud.
A l'automne, beaucoup de cultivateurs, avec femmes et enfants, viennent passer l'hiver dans les pays plus tempérés afin de regagner leurs montagnes au printemps avec un pécule amassé par leur travail. Ces déplacements massifs et répétitifs ont pour conséquence l'adoption par les montagnards des moeurs, des usages et des divertissements de leurs employeurs.
Les dauphinois vont véritablement adopter cette danse, la remodeler et l'adapter à leur culture pour en faire une danse proprement dauphinoise.
L'AGE D'OR
Pendant tout le XIXème siècle, il devient la danse traditionnelle caractéristique de la Province. Toutes les occasions sont bonnes pour le danser et il est l'élément essentiel, voire unique du répertoire des bals et des fêtes.
LE TEMPS DU DECLIN
Vers la fin du XIXème siècle, l'influence parisienne apporte l'adoption de danses en couple fermé : valse, polka, mazurka, scottish, troïka, quadrille. Dès les premières années du XXème siècle, le déclin est sensible dans le Gapençais, alors que la vitalité dure jusqu'à la première guerre mondiale en Dauphiné.
Celle-ci casse la vitalité de la tradition. En 1919, avec une population appauvrie en hommes jeunes, dans un climat nouveau, le rigodon commence à faire figure de danse vieillie face aux musiques et danses américaines qui ont fait leur apparition.
Bien sûr, il ne disparait pas d'un coup mais devient peu à peu une danse "folklorique". Après 1968, une nouvelle génération s'intéresse aux musiques, chants et danses populaires. Elle va dans les campagnes à la recherche des derniers détenteurs de ces traditions considérées comme un patrimoine.
C'est ainsi que renaît et se perpétue cette danse vive et enjouée, témoin d'un passé qui unissait toutes les catégories de population à toutes les occasions festives de la vie. |