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Histoire de Vaulnaveys-le-Haut

Dans une revue satirique écrite en 1937, les trois plus grands spécialistes à s'être penchés sur l'histoire de Vaulnaveys-le-Haut, Messieurs BRUANT, MOLMERRET (1) et SERPOLLET faisaient dire à l'un de leurs personnages, archéologue, à qui on demandait l'étymologie du nom de la commune :

«Aux temps les plus reculés notre village était au bord d'un marécage et tout y poussait merveilleusement bien ; les légumes en général et les navets en particulier. L'endroit aurait été idyllique si il n'y avait eu les miasmes liés à cette eau ainsi que les brouillards.
Aussi, nos anciens, lorsqu'on leur demandait leur avis sur le lieu, invariablement, répondaient avec philosophie « si ça ne vaut pas la « gobille » (2), ça vaut le navet ».

C'est là, bien sûr, une étymologie hautement fantaisiste et beaucoup plus sérieusement, il faut faire remonter l'origine du village au latin « Valle Navis ». Ce nom apparaît pour la première fois en 1050 dans un acte notarié et fait simplement référence à la topographie de la vallée en forme de carène de navire.

Géographie

Commune du canton de Vizille, Vaulnaveys occupe en effet le fond d'une vallée glaciaire dont la largeur varie de 600 à 1 100 mètres.

Elle est limitée au nord par la station thermale d'Uriage qu'elle partage avec St-Martin d'Uriage, à l'est par les contreforts du massif de Belledonne avec Séchilienne et les territoires cédés en 1989 pour la création de la commune de Chamrousse.

Au sud, la vallée se continuant par Vaulnaveys-le-Bas aboutit à Vizille. A l'ouest, elle est terminée par les coteaux d'Herbeys et de Brié et Angonnes.
 
Sa superficie est de 19,86 km2 et l'altitude varie de 360m au bourg, 440m à Uriage, 550m à Belmont et 1 714m aux abords de Roche Béranger.
 
Une très grande partie de la commune est occupée par la forêt : 428 ha pour la forêt indivise, 85 ha pour la forêt communale, 400 ha pour la forêt domaniale. En tout, 913ha. Deux torrents arrosent le territoire : le Vernon descendu du Recoin de Chamrousse et le torrent de Prémol, venu de Roche Béranger par la Gorge et qui rejoint le Vernon au pied du bourg. Leurs eaux vont à la Romanche près de Vizille.
 
La commune compte plus de 3500 habitants pour une densité d'environ 160 habitants/km2. Cette population est répartie dans le bourg, une partie d'Uriage et dans de nombreux hameaux (Les Guichards, St-Georges, Les Davids, Belmont, Montgardier, le Fujaret, la Gorge, les Ogiers, la Faurie). Elle est en constante augmentation depuis le début du XXème siècle.
 
Evolution démographique
  
Année
1755
1805
1820
1931
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2012
Population
445
1109
1410
1064
1404
1564
2058
2666
3096
3297
3531
 

Histoire

Peu de faits marquants émaillent l'histoire de Vaulnaveys dont le destin se confond avec celui de la région toute entière.
 
Les premiers habitants connus étaient des Voconces de la tribu des Allobroges qui s'opposèrent longtemps à la conquête romaine. Celle-ci a laissé quelques traces à Uriage dont les eaux furent exploitées dans des thermes.
 
Aux VIème et VIIIème siècles, la région fut envahie par les Barbares. Isarn, évêque de Grenoble, fut contraint à l'exil et pour reconquérir son territoire, il fit appel à des étrangers : les Alleman, les Béranger et les Aynard. Pour les récompenser, il leur attribua des terres. Ainsi nacquit la féodalité. Vaulnaveys tomba sous la coupe des Alleman qui établirent leur capitale et leur château à Uriatico (Uriage).
 
Cette famille, qui donna plusieurs évêques à Grenoble et dont Bayard était issu par sa mère, régna sur ce territoire jusqu'en 1580. Ce dernier passa ensuite entre différentes mains dont celles de Lesdiguières en 1593.

D'autres familles importantes ont marqué l'histoire de Vaulnaveys : la famille VAUNAVEYS qui a laissé à Grenoble la tour dite de Prémol ; la famille DE RUYNAT, dont il reste la tour au hameau des Guichards, la famille MURE DE LARNAGE, apparentée au XVIIIème siècle à la précédente et qui donna un maire à Vaulnaveys de 1806 à 1830, puis de 1840 à 1841.
 
Outre les seigneurs, ici comme dans toute la France, la population était soumise au pouvoir de l'église. C'est pourquoi le prieuré, établi au XIIème siècle par les religieux Augustins d'Oulx et le monastère ou chartreuse de Prémol, fondé au XIIIème siècle, occupent eux aussi, du moyen âge à la révolution, une place de choix dans l'histoire de la commune.
 
On peut en effet résumer celle-ci à des luttes incessantes entre la communauté villageoise et ses différents maîtres. Avec ténacité, nos anciens procédèrent par grignotage, par empiétements successifs sur les privilèges. Puis ils firent enregistrer ces habitudes, les transformèrent en droits acquis et en échange de redevances ou de services en obtinrent d'autres.
Au cours des siècles, cet état d'esprit ne se dément pas. Peut être n'est ce pas un hasard si la Révolution a débuté en Dauphiné et si Vizille, si proche de nous, est considérée comme son berceau.
 
De cette époque à nos jours on distingue quelques grands traits :
-         les échos du passage de Napoléon à Brié en 1815
-         une participation involontaire aux évènements de la conspiration de Didier en 1816
-         la construction de la route du Sonnant, inaugurée en 1843, qui conforte le thermalisme à Uriage et désenclave Vaulnaveys
-         l'arrivée du tramway à vapeur en 1893. D'abord reliant Grenoble à Uriage, il est prolongé l'année suivante jusqu'à Vizille où il rejoint la ligne Jarrie/Bourg d'Oisans. Il sera électrifié en 1901 et fonctionnera jusqu'au début des années 50.
-         le classement d'Uriage en station climatique grâce aux demandes de Vaulnaveys. Ce classement réclamé dès 1912 est obtenu en 1923
-         la visite du Président DOUMERGUE en 1925
-         la construction de la route de Chamrousse en 1936
-         les jeux olympiques d'hiver de 1968
-         la victoire de l'ESV : l'équipe de rugby est championne de France en 1974
-         la création de la commune de Chamrousse en 1989
 
Enfin la transformation de Vaulnaveys, qui de commune foncièrement rurale, se transforme peu à peu en commune « rurbaine ».
 
Une profonde mutation
 
Ce qui frappe aujourd'hui, c'est l'évolution du village. En 1936, par exemple, était encore présente une ruralité comme nous en avons perdu le souvenir, faite de petites exploitations et de petites industries : moulins, pressoirs, forges, scieries, routoirs pour le chanvre. Les habitants étaient souvent des double actifs travaillant à la fois la terre et dans une industrie de proximité comme la ganterie par exemple. Il y avait une vie locale animée avec ses nombreux cafés, ses foires, ses fêtes et même son rigodon (3).
 
Les évolutions et les difficultés du monde agricole, le développement des communications, l'essor du tourisme, l'avènement de la grande industrie ont considérablement bouleversé le paysage socio-économique et si les quelques agriculteurs restant contribuent encore
aujourd'hui à conserver à la commune son aspect traditionnel, force est de constater que plus de la moitié de nos concitoyens sont de nouveaux arrivants, qui exercent leur activité ailleurs et qui ont été séduits par le charme préservé de notre territoire et la richesse de sa vie associative.


Dates importantes
La foire aux plants et vide grenier en mai
Les feux de la St-Jean en juin
Le forum des associations et le pot de rentrée début septembre
Le marché de Noël
 
Personnages marquants
Peu de gens célèbres à Vaulnaveys. Toutefois, deux hommes ont marqué de leur empreinte la commune :
-         Eugène RIBAND, qui fut maire de 1878 à 1914 et dont la place principale porte le nom
-         Jules BRUANT, né à Vaulnaveys en 1898, instituteur dans la commune de 1930 à 1956 et maire également de 1959 à 1965. Décédé en 1977, il a donné son nom au groupe scolaire.
Lieux et monuments remarquables
L'église St-Jean : Elle a toujours été commune aux deux paroisses de Vaulnaveys-le-Haut et Vaulnaveys-le-Bas. Elle dépend du prieuré depuis le XIIème siècle. Son clocher, qui date du XVème siècle, est une copie de celui de l'église St-André de Grenoble. C'est au XVIIIème siècle que le tuf remplaça le bois (1731). Dès 1725, il possédait 4 cloches. Actuellement la plus ancienne date de 1788. La première horloge y fut placée en 1721. Jusqu'en 1784, les personnalités importantes y furent inhumées. A l'intérieur, on remarque croix, reliquaire et boiseries du XVIIIème siècle ainsi que le maître-autel (1755) classé monument historique, que l'on suppose provenir de la Chartreuse de Prémol.
 
La chapelle de Belmont : Fondée en 1666 par François LAMBERT, secrétaire de l'évêque et placée sous le vocable de St-François de Sales. Sa cloche porte la date de 1670.
 
La Chartreuse de Prémol : ce nom vient du latin Pratis Mollis, le Pré Mou. Le monastère est aujourd'hui détruit. Il ne subsiste que 2 bâtiments : la maison forestière et les ruines de la porterie, ravagée par un incendie en 1989.
 
Située à 1095m d'altitude, la Chartreuse de Prémol, une des toutes premières chartreuses de femmes, fut fondée en 1234 par l'épouse du Dauphin Guigues André, Béatrix de Montferrat.
 
Les domaines du couvent, particulièrement vastes, couvraient 397 hectares et allaient des Alberges, de la Faurie et de Vaulnaveys-le-Bas jusqu' «aux arselles». Le monastère jouissait de rentes et pensions, possédait moulins, scieries, mines de fer, martinets, forêts, fermes et « vacheries ». Ces biens étaient administrés par un père procureur résidant à Prémol. La chartreuse abritait une soixantaine de personnes dont 35 religieuses, et l'une des spécialités était la pharmacie et la préparation d'élixirs.
 
Les bâtiments du couvent couvraient l'espace compris entre les ruines de la porterie actuelle et la maison forestière. Ils comprenaient une église, un cloître, des chapelles, cellules, réfectoire, cuisine, lingerie, celliers, apothicairerie, buanderies, écuries et jardins.
 
Couverts au départ en essandoles, ils subirent 2 incendies, en 1467 puis en 1707. Ils furent également victimes des Hugenots en 1563, au temps des guerres de religion, et des révolutionnaires en 1789.
 
Avec la suppression des communautés religieuses, les chartreusines durent quitter les lieux, les biens furent vendus tandis que la forêt et les dépendances furent confiées à l'administration forestière dont elles dépendent encore aujourd'hui.
 
Il est à noter qu'en 1821, les anciennes moniales firent enlever les restes de quelques unes de leurs compagnes d'autrefois mais laissèrent les cendres de la Dauphine Béatrix et de son fils Guigues dont les tombeaux étaient dans l'église, près de l'autel.



Le moulin de la ville : Son existence remonte au XIVème siècle. Il est le dernier des six moulins signalés dès 1328 sur les torrents de Vaulnaveys. Il était banal, c'est-à-dire soumis à une redevance au seigneur moyennant laquelle son usage était public mais obligatoire pour les habitants. Il passa entre les mains de maints propriétaires avant de devenir en 1906 moulin syndical, puis, récemment d'être cédé à la commune. Totalement refait en 1900 après un violent incendie, seuls sont anciennes les meules de pierre qui proviennent des carrières de Quaix et qui datent de 1710.
 
Pré Gaudet : Superbe clairière d'environ un hectare située sous Chamrousse à 1420m d'altitude. Son nom vient de Godet, qui signifie, défriché par le feu.
 
Au siècle dernier, c'était l'une des promenades favorites du prince Alexandre BIBESCO, lors de ses séjours à Uriage.

Uriage : Cette station thermale a la particularité d'être partagée entre St-Martin d'Uriage et Vaulnaveys-le-Haut. Les eaux d'Uriage sont réputées depuis l'antiquité. Néanmoins, détruits au XIVème siècle, les thermes tombèrent dans l'oubli et c'est à un habitant de Vaulnaveys que revint l'honneur de les faire revivre. Il s'agit de Joseph BRUN, fermier des Alberges, domaine qui en 1750 appartenait aux dames de Prémol (puis après 1789 à la famille Perier de Vizille).
 
C'est lui qui le premier installa un hôtel aux Alberges pour les gens qui venaient éprouver l'effet purgatif des eaux, souillant d'ailleurs de leurs déjections les champs environnants, au grand dam des habitants.
 
Sous l'impulsion de Bernard BRUN, son fils, c'est en 1807 que furent donnés les premiers bains aux vertus cicatrisantes ou anti-rhumatismales. Ils étaient pris à la ferme dans des baignoires où on transportait l'eau de la source que l'on faisait chauffer dans des chaudières.
 
A partir de 1820, il devint directeur d'un premier et rudimentaire établissement thermal, cette fois-ci implanté directement à la source.
 
Plus tard, Mme de GAUTHERON et le comte de ST-FERRIOL reprirent le flambeau, donnant à Uriage l'essor que l'on connaît.

De cette période faste reste aujourd'hui encore ce style architectural, dit « éclectique », qui caractérise les hôtels et villas implantés dans la partie d'Uriage située à Vaulnaveys-le-Haut : l'hôtel BASSET (le Victoria aujourd'hui), l'hôtel de l'Europe (le plus grand, qui appartenait aux THIBAUD), le Globe (le plus ancien, fondé par les BRUN), les Alpes, le Louvre, la villa de l'Univers, l'hôtel des Alberges et nombre de villas particulières, dont celles qui font face au golf.
 
Toutes et tous revendiquent « une même unité dans la diversité » et contribuent avec le parc et le golf au charme et au cachet de la station (4)



Le golf d'Uriage : Idéalement situé dans 12ha du parc de l'ancien château des Alberges, le golf d'Uriage offre à tous les amoureux de sport et de nature un splendide parcours de 9 trous, dans un écrin de verdure riche en essences végétales exceptionnelles comme les séquoias ou les tulipiers de Virginie. En en faisant l'acquisition en 2007, Vaulnaveys-le-Haut a affirmé sa volonté de préserver cet environnement rare dont la gestion est assurée par la Métro.

Perspectives d'avenir

A l'image de son site web (www.vaulnaveys-le-haut.fr), loin de se figer, la commune se tourne vers l'avenir.
Son passé, son patrimoine à valoriser constituent des bases solides sur lesquelles s'appuyer pour répondre aux préoccupations et aux sollicitations du futur. Vaulnaveys, fidèle à sa devise, entend y « faire face » tout en restant fidèle à ses racines et les projets ne manquent pas :
- Requalification, face aux écoles, de la friche industrielle VIGNE en lien avec la Communauté de Communes du Sud Grenoblois ;
- Redynamisation du tissu économique ;
- Réaménagement de l'entrée sud du village ;
- Encouragement à la réfection des façades du bourg ;
- Aménagement et valorisation du site de Prémol en partenariat avec la Communauté de Communes du Sud Grenoblois.
 
Toutes ces réflexions ou actions font suite à l'adoption et à la mise en œuvre du PLU. Cet outil a pour but de permettre à Vaulnaveys-le-Haut un développement raisonné et maîtrisé, celui qu'elle a choisi et qui doit la porter à 4 000 habitants dans les années à venir.
 
Notes
(1)   Auteurs du livre : Vaulnaveys/Uriage L'essentiel des informations provient de l'ouvrage de J. BRUANT et J. MOLMERRET « Vaulnaveys, Uriage » (épuisé)
(2)   Petite bille en terre, objet de peu de valeur
(3)   Gilles DESRUMAUX - Bulletin municipal n° 59
(4)   Gilles DESRUMAUX - Bulletin municipal n° 58

Mairie de Vaulnaveys le Haut 584, avenue Uriage - 38410 Vaulnaveys le Haut - Téléphone : 04 76 89 18 05 - courriel

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